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Dimokratía
Le mot démocratie vient du grec ancien dēmokratía (δημοκρατία), composé de dêmos (« la communauté des citoyens ») et kratos (« la puissance »). Si le terme évoque l’égalité et la participation, il possède également une face sombre : dans la mythologie, Kratos personnifie la force qui impose le pouvoir. Dans sa forme idéale, la démocratie offre à chaque individu un espace, un temps et une voix. Mais depuis sa création à Athènes au Ve siècle avant notre ère, certains groupes vivent dans l’ombre de la majorité. Promesse de liberté, la démocratie n’est pas exempte de violence, d’exclusion et de contrôle. Née de compromis et de conflits, elle repose sur une tension fondamentale : les citoyens construisent les règles et les institutions qui les gouvernent. Or ce qui est un pont pour les uns peut devenir un mur pour les autres.
Dans sa nouvelle création pour le Ballet du Grand Théâtre, Sidi Larbi Cherkaoui met en lumière les contradictions au cœur du système démocratique et interroge la manière dont une communauté choisit de se façonner. Pour leur sixième collaboration, le plasticien Antony Gormley a imaginé un espace scénographique mouvant, construit et déconstruit par les interprètes à partir d’éléments évoquant les pierres d’une agora, des pavés arrachés dressés en barricades ou les membres d’un individu symbolisant le corps social. Le compositeur Dimitris Skyllas accompagne ces transformations d’une nouvelle partition pour voix et orchestre, confiée à la cheffe Margaryta Grynyvetska, mêlant textes antiques et réflexions contemporaines sur le pouvoir, la croyance et l’appartenance.


